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 le texte du jour ....

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Lady Edelweiss
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MessageSujet: Re: le texte du jour ....   Jeu 19 Juin - 16:20

La mélancolie se présente comme un deuil qui a mal tourné. Le deuil est envisagé dans un sens très large, qui inclut autant la perte d’êtres vivants que d’objets abstraits. Dans tous les cas, ce n’est pas l’objet perdu, en bloc, qui me fait souffrir mais ce qu’il représentait pour moi et continue de symboliser. Or, cette représentation est masquée par le représentant. On ne sait « ce qui » a été perdu. Il y a énigme car la perte est sans objet déterminé ; elle est « inconnue » mais elle est ressentie. L’indétermination de la perte la rend d’autant plus difficile à accepter et à combler. Le deuil dit le nom de ce qui est perdu. Le nom apporte une certitude : l’objet perdu est irremplaçable car il était l’exemplaire unique d’un genre inédit. Chaque mort est la mort d’un univers. La perte du mélancolique est incertaine et, de ce fait, non limitée à un fragment. Freud a comparé la mélancolique à une hémorragie interne : « l’excitation sexuelle entièrement pompée s’écoulerait comme par un trou située dans le psychisme, entraînant ainsi chez le sujet une inhibition généralisée de ses autres fonctions

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scalpel

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MessageSujet: Re: le texte du jour ....   Jeu 19 Juin - 19:38

superbe texte, je ne sais pas d'ou il sort, mais superbe... si je me rappelle bien Hugo disait de la melancolie que c'est le bonheur d'etre triste... je prefere a cela la definition de Burton...

"si il existe un enfer en ce monde, il se trouve dans le coeur d'un homme melancolique"

R.Burton, Anatomie de la mélancolie

Je ne sais plus qui en disait aussi... " la mélancolie est une maladie, qui consiste a voir les choses telles qu'elles sont"
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Dr.Sweetsong

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MessageSujet: Re: le texte du jour ....   Ven 20 Juin - 5:21

Magnifique Pamphlet sur un mal des plus communs mais ô combien effrayant de ce bas monde....que je mettrai au même niveau de douleur que la solitude....
Merci à vous deux ...je retourne méditer sur le sujet ....
study
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Dr.Sweetsong

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MessageSujet: Re: le texte du jour ....   Ven 20 Juin - 5:32

Un fou
Guy de Maupassant
1885


Il était mort chef d’un haut tribunal, magistrat intègre dont la vie irréprochable était citée dans toutes les cours de France. Les avocats, les jeunes conseillers, les juges saluaient en s’inclinant très bas, par marque d’un profond respect, sa grande figure blanche et maigre qu’éclairaient deux yeux brillants et profonds.

Il avait passé sa vie à poursuivre le crime et à protéger les faibles. Les escrocs et les meurtriers n’avaient point eu d’ennemi plus redoutable, car il semblait lire, au fond de leurs âmes, leurs pensées secrètes, et démêler, d’un coup d’œil, tous les mystères de leurs intentions.

Il était donc mort, à l’âge de quatre-vingt-deux ans, entouré d’hommages et poursuivi par les regrets de tout un peuple. Des soldats en culotte rouge l’avaient escorté jusqu’à sa tombe, et des hommes en cravate blanche avaient répandu sur son cercueil des paroles désolées et des larmes qui semblaient vraies.

Or, voici l’étrange papier que le notaire, éperdu, découvrit dans le secrétaire où il avait coutume de serrer les dossiers des grands criminels.

Cela portait pour titre :


Pourquoi ?


20 juin 1851. – Je sors de la séance. J’ai fait condamner Blondel à mort ! Pourquoi donc cet homme avait-il tué ses cinq enfants ? Pourquoi ? Souvent, on rencontre de ces gens chez qui détruire la vie est une volupté. Oui, oui, ce doit être une volupté, la plus grande de toutes peut-être ; car tuer n’est-il pas ce qui ressemble le plus à créer ? Faire et détruire ! Ces deux mots enferment l’histoire des univers, toute l’histoire des mondes, tout ce qui est, tout ! Pourquoi est-ce enivrant de tuer ?

25 Juin. – Songer qu’un être est là qui vit, qui marche, qui court… Un être ? Qu’est-ce qu’un être ? Cette chose animée, qui porte en elle le principe du mouvement et une volonté réglant ce mouvement ! Elle ne tient à rien, cette chose. Ses pieds ne communiquent pas au sol. C’est un grain de vie qui remue sur la terre ; et ce grain de vie, venu je ne sais d’où, on peut le détruire comme on veut. Alors rien, plus rien. Ça pourrit, c’est fini.

26 juin. – Pourquoi donc est-ce un crime de tuer ? oui, pourquoi ? C’est, au contraire, la loi de la nature. Tout être a pour mission de tuer : il tue pour vivre et il tue pour tuer. – Tuer est dans notre tempérament ; il faut tuer ! La bête tue sans cesse, tout le jour, à tout instant de son existence. – L’homme tue sans cesse pour se nourrir, mais comme il a besoin de tuer aussi, par volupté, il a inventé la chasse ! L’enfant tue les insectes qu’il trouve, les petits oiseaux, tous les petits animaux qui lui tombent sous la main. Mais cela ne suffisait pas à l’irrésistible besoin de massacre qui est en nous. Ce n’est point assez de tuer la bête ; nous avons besoin aussi de tuer l’homme. Autrefois, on satisfaisait ce besoin par des sacrifices humains. Aujourd’hui, la nécessité de vivre en société a fait du meurtre un crime. On condamne et on punit l’assassin ! Mais comme nous ne pouvons vivre sans nous livrer à cet instinct naturel et impérieux de mort, nous nous soulageons, de temps en temps, par des guerres où un peuple entier égorge un autre peuple. C’est alors une débauche de sang, une débauche où s’affolent les armées et dont se grisent encore les bourgeois, les femmes et les enfants qui lisent, le soir, sous la lampe, le récit exalté des massacres.

Et on pourrait croire qu’on méprise ceux destinés à accomplir ces boucheries d’hommes ! Non. On les accable d’honneurs ! On les habille avec de l’or et des draps éclatants ; ils portent des plumes sur la tête, des ornements sur la poitrine ; et on leur donne des croix, des récompenses, des titres de toute nature. Ils sont fiers, respectés, aimés des femmes, acclamés par la foule, uniquement parce qu’ils ont pour mission de répandre le sang humain ! Ils traînent par les rues leurs instruments de mort que le passant vêtu de noir regarde avec envie. Car tuer est la grande loi jetée par la nature au cœur de l’être ! Il n’est rien de plus beau et de plus honorable que de tuer !

30 juin. – Tuer est la loi ; parce que la nature aime l’éternelle jeunesse. Elle semble crier par tous ses actes inconscients : « Vite ! vite ! vite ! » Plus elle détruit, plus elle se renouvelle.

2 juillet. – L’être – qu’est-ce que l’être ? Tout et rien. Par la pensée, il est le reflet de tout. Par la mémoire et la science, il est un abrégé du monde, dont il porte l’histoire en lui. Miroir des choses et miroir des faits, chaque être humain devient un petit univers dans l’univers !

Mais voyagez ; regardez grouiller les races, et l’homme n’est plus rien ! plus rien, rien ! Montez en barque, éloignez-vous du rivage couvert de foule, et vous n’apercevez bientôt plus rien que la côte. L’être imperceptible disparaît, tant il est petit, insignifiant. Traversez l’Europe dans un train rapide, et regardez par la portière. Des hommes, des hommes, toujours des hommes, innombrables, inconnus, qui grouillent dans les champs, qui grouillent dans les rues ; des paysans stupides sachant tout juste retourner la terre ; des femmes hideuses sachant tout juste faire la soupe du mâle et enfanter. Allez aux Indes, allez en Chine, et vous verrez encore s’agiter des milliards d’êtres qui naissent, vivent et meurent sans laisser plus de trace que la fourmi écrasée sur les routes. Allez aux pays des noirs, gîtés en des cases de boue ; aux pays des Arabes blancs, abrités sous une toile brune qui flotte au vent, et vous comprendrez que l’être isolé, déterminé, n’est rien, rien. La race est tout ? Qu’est-ce que l’être, l’être quelconque d’une tribu errante du désert ? Et ces gens, qui sont des sages, ne s’inquiètent pas de la mort. L’homme ne compte point chez eux. On tue son ennemi : c’est la guerre. Cela se faisait ainsi jadis, de manoir à manoir, de province à province.

Oui, traversez le monde et regardez grouiller les humains innombrables et inconnus. Inconnus ? Ah ! voilà le mot du problème ! Tuer est un crime parce que nous avons numéroté les êtres ! Quand ils naissent, on les inscrit, on les nomme, on les baptise. La loi les prend ! Voilà ! L’être qui n’est point enregistré ne compte pas : tuez-le dans la lande ou dans le désert, tuez-le dans la montagne ou dans la plaine, qu’importe ! La nature aime la mort ; elle ne punit pas, elle !

Ce qui est sacré, par exemple, c’est l’état civil. Voilà ! C’est lui qui défend l’homme. L’être est sacré parce qu’il est inscrit à l’état civil ! Respect à l’état civil, le Dieu légal. À genoux !

L’État peut tuer, lui, parce qu’il a le droit de modifier l’état civil. Quand il a fait égorger deux cent mille hommes dans une guerre, il les raye sur son état civil, il les supprime par la main de ses greffiers. C’est fini. Mais nous, qui ne pouvons point changer les écritures des mairies, nous devons respecter la vie. État civil, glorieuse Divinité qui règnes dans les temples des municipalités, je te salue. Tu es plus fort que la Nature. Ah ! ah !

3 juillet. – Ce doit être un étrange et savoureux plaisir que de tuer, d’avoir là, devant soi, l’être vivant, pensant ; de faire dedans un petit trou, rien qu’un petit trou, de voir couler cette chose rouge qui est le sang, qui fait la vie, et de n’avoir plus, devant soi, qu’un tas de chair molle, froide, inerte, vide de pensée !

5 août. – Moi qui ai passé mon existence à juger, à condamner, à tuer par des paroles prononcées, à tuer par la guillotine ceux qui avaient tué par le couteau, moi ! moi ! si je faisais comme tous les assassins que j’ai frappés, moi ! moi ! qui le saurait ?

10 août. – Qui le saurait jamais ? Me soupçonnerait-on, moi, moi, surtout si je choisis un être que je n’ai aucun intérêt à supprimer ?

15 août. – La tentation ! La tentation, elle est entrée en moi comme un ver qui rampe. Elle rampe, elle va ; elle se promène dans mon corps entier, dans mon esprit, qui ne pense plus qu’à ceci : tuer ; dans mes yeux, qui ont besoin de regarder du sang, de voir mourir ; dans mes oreilles, où passe sans cesse quelque chose d’inconnu, d’horrible, de déchirant et d’affolant, comme le dernier cri d’un être ; dans mes jambes, où frissonne le désir d’aller, d’aller à l’endroit où la chose aura lieu ; dans mes mains, qui frémissent du besoin de tuer. Comme cela doit être bon, rare, digne d’un homme libre, au-dessus des autres, maître de son cœur et qui cherche des sensations raffinées !

22 août. – Je ne pouvais plus résister. J’ai tué une petite bête pour essayer, pour commencer.

Jean, mon domestique, avait un chardonneret dans une cage suspendue à la fenêtre de l’office. Je l’ai envoyé faire une course, et j’ai pris le petit oiseau dans ma main, dans ma main où je sentais battre son cœur. Il avait chaud. Je suis monté dans ma chambre. De temps en temps, je le serrais plus fort ; son cœur battait plus vite ; c’était atroce et délicieux. J’ai failli l’étouffer. Mais je n’aurais pas vu le sang.

Alors j’ai pris des ciseaux, de courts ciseaux à ongles, et je lui ai coupé la gorge en trois coups, tout doucement. Il ouvrait le bec, il s’efforçait de m’échapper, mais je le tenais, oh ! je le tenais ; j’aurais tenu un dogue enragé et j’ai vu le sang couler. Comme c’est beau, rouge, luisant, clair, du sang ! J’avais envie de le boire. J’y ai trempé le bout de ma langue ! C’est bon. Mais il en avait si peu, ce pauvre petit oiseau ! Je n’ai pas eu le temps de jouir de cette vue comme j’aurais voulu. Ce doit être superbe de voir saigner un taureau.

Et puis j’ai fait comme les assassins, comme les vrais. J’ai lavé les ciseaux, je me suis lavé les mains, j’ai jeté l’eau et j’ai porté le corps, le cadavre, dans le jardin pour l’enterrer. Je l’ai enfoui sous un fraisier. On ne le trouvera jamais. Je mangerai tous les jours une fraise à cette plante. Vraiment, comme on peut jouir de la vie, quand on sait !

Mon domestique a pleuré ; il croit son oiseau parti. Comment me soupçonnerait-il ! Ah ! ah !

25 août. – Il faut que je tue un homme ! Il le faut.

30 août. – C’est fait. Comme c’est peu de chose !

J’étais allé me promener dans le bois de Vernes. Je ne pensais à rien, non, à rien. Voilà un enfant dans le chemin, un petit garçon qui mangeait une tartine de beurre.

Il s’arrête pour me voir passer et dit : « Bonjour, m’sieu le président. »

Et la pensée m’entre dans la tête : « Si je le tuais ? »

Je réponds : – Tu es tout seul, mon garçon ?

– Oui, m’sieu.

– Tout seul dans le bois ?

– Oui, m’sieu.

L’envie de le tuer me grisait comme de l’alcool. Je m’approchai tout doucement, persuadé qu’il allait s’enfuir. Et voilà que je le saisis à la gorge… Je le serre, je le serre de toute ma force ! Il m’a regardé avec des yeux effrayants ! Quels yeux ! Tout ronds, profonds, limpides, terribles ! Je n’ai jamais éprouvé une émotion si brutale… mais si courte ! Il tenait mes poignets dans ses petites mains, et son corps se tordait ainsi qu’une plume sur le feu. Puis il n’a plus remué.

Mon cœur battait, ah ! le cœur de l’oiseau ! J’ai jeté le corps dans le fossé, puis de l’herbe par-dessus.

Je suis rentré, j’ai bien dîné. Comme c’est peu de chose ! Le soir, j’étais très gai, léger, rajeuni, j’ai passé la soirée chez le préfet. On m’a trouvé spirituel.

Mais je n’ai pas vu le sang ! Je suis tranquille.

30 août. – On a découvert le cadavre. On cherche l’assassin. Ah ! ah !

1er septembre. – On a arrêté deux rôdeurs. Les preuves manquent.

2 septembre. – Les parents sont venus me voir. Ils ont pleuré ! Ah ! ah !

6 octobre. – On n’a rien découvert. Quelque vagabond errant aura fait le coup. Ah ! ah ! Si j’avais vu le sang couler, il me semble que je serais tranquille à présent !

10 octobre. – L’envie de tuer me court dans les moelles. Cela est comparable aux rages d’amour qui vous torturent à vingt ans.

20 octobre. – Encore un. J’allais le long du fleuve, après déjeuner. Et j’aperçus, sous un saule, un pêcheur endormi. Il était midi. Une bêche semblait, tout exprès, plantée dans un champ de pommes de terre voisin.

Je la pris, je revins ; je la levai comme une massue et, d’un seul coup, par le tranchant, je fendis la tête du pêcheur. Oh ! il a saigné, celui-là ! Du sang rose, plein de cervelle ! Cela coulait dans l’eau, tout doucement. Et je suis parti d’un pas grave. Si on m’avait vu ! Ah ! ah ! j’aurais fait un excellent assassin.

25 octobre. – L’affaire du pêcheur soulève un grand bruit. On accuse du meurtre son neveu, qui pêchait avec lui.

26 octobre. – Le juge d’instruction affirme que le neveu est coupable. Tout le monde le croit par la ville. Ah ! ah !

27 octobre. – Le neveu se défend bien mal. Il était parti au village acheter du pain et du fromage, affirme-t-il. Il jure qu’on a tué son oncle pendant son absence ! Qui le croirait ?

28 octobre. – Le neveu a failli avouer, tant on lui fait perdre la tête ! Ah ! ah ! La justice !

15 novembre. – On a des preuves accablantes contre le neveu, qui devait hériter de son oncle. Je présiderai les assises.

25 janvier. – À mort ! à mort ! à mort ! Je l’ai fait condamner à mort ! Ah ! ah ! L’avocat général a parlé comme un ange ! Ah ! ah ! Encore un. J’irai le voir exécuter !

10 mars. – C’est fini. On l’a guillotiné ce matin. Il est très bien mort ! très bien ! Cela m’a fait plaisir ! Comme c’est beau de voir trancher la tête d’un homme ! Le sang a jailli comme un flot, comme un flot ! Oh ! si j’avais pu, j’aurais voulu me baigner dedans. Quelle ivresse de me coucher là-dessous, de recevoir cela dans mes cheveux et sur mon visage, et de me relever tout rouge, tout rouge ! Ah ! si on savait !

Maintenant j’attendrai, je puis attendre. Il faudrait si peu de chose pour me laisser surprendre.

…………………………………………………………

Le manuscrit contenait encore beaucoup de pages, mais sans relater aucun crime nouveau.

Les médecins aliénistes à qui on l’a confié, affirment qu’il existe dans le monde beaucoup de fous ignorés, aussi adroits et aussi redoutables que ce monstrueux dément.

2 septembre 1885

Bon ,pourquoi ce texte sur la folie?Déjà parce que je suis un fan de Maupassant, mais soyons francs, c'est dans ses nouvelles qu'il exprime le mieux ses talents ,et ses romans sont pour le moins ....plutôt chiants...
Et d'autre part , c'est à ça que peuvent conduire conjointement la mélancolie et la solitude....appréciez la satyre de la "justice" qui s'en dégage drunken c'est grisant...
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Dr.Sweetsong

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MessageSujet: Re: le texte du jour ....   Lun 23 Juin - 6:18

"Le poème À la musique", écrit à l'automne 1870, évoque ce mal-être de vivre à Charleville :

« Sur la place taillée en mesquines pelouses,
Square où tout est correct, les arbres et les fleurs,
Tous les bourgeois poussifs qu’étranglent les chaleurs
Portent, les jeudis soirs, leurs bêtises jalouses
– L’orchestre militaire, au milieu du jardin,
Balance ses schakos dans la Valse des fifres :
– Autour, aux premiers rangs, parade le gandin ;
Le notaire pend à ses breloques à chiffres
Des rentiers à lorgnons soulignent tous les couacs :
Les gros bureaux bouffis traînent leurs grosses dames
Auprès desquelles vont, officieux cornacs,
Celles dont les volants ont des airs de réclames ;
Sur les bancs verts, des clubs d’épiciers retraités
Qui tisonnent le sable avec leur canne à pomme,
Fort sérieusement discutent les traités,
Puis prisent en argent, et reprennent : « En somme !… »
Épatant sur son banc les rondeurs de ses reins,
Un bourgeois à boutons clairs, bedaine flamande,
Savoure son onnaing d’où le tabac par brins
Déborde - vous savez c’est de la contrebande ;-
Le long des gazons verts ricanent les voyous (…) »
— Extrait du recueil Demeny

Arthur Rimbaud

J'ai fait un tour dans les rues pour la fête de la musique à Rennes,mais étrangement je me serais cru à Charleville .... Suspect
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Irrodius

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MessageSujet: Re: le texte du jour ....   Lun 23 Juin - 6:35

Petit texte également d'Arthur Rimbaud, une description particulière de la mort, où celle-ci parait presque magnifique...

"C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit."

Arthur Rimbaud, Le Dormeur du Val.
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Dr.Sweetsong

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MessageSujet: Re: le texte du jour ....   Lun 23 Juin - 7:16

C'est à ce genre de texte qu'on peut reconnaitre tout le génie de Rimbaud ...en effet , qui d'autre que lui pourrait mettre en lumière quelque chose d'aussi sombre ??
Merci James pour cette piqure de rappel ...ça nous rajeunit pas de revoir des textes étudiés au Lycée mais ça fait toujours plaisir de relire des textes aussi forts .... study
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Shin Otaro



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MessageSujet: Re: le texte du jour ....   Lun 23 Juin - 10:43

Jolie texte que je ne connaissais pas

Et moi je ne l'ai pas étudier en cour celui là Rolling Eyes
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Lady Edelweiss
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MessageSujet: Re: le texte du jour ....   Mar 24 Juin - 15:36

Je suis bien heureuse de vous dire que j'ai
bien compris, l'autre jour, que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser... je conserve le souvenir de votre
baiser, et j'aimerais beaucoup que ce soit
une preuve que je suis aimée et désirée
par vous... Je suis prête à vous montrer mon
affection désinteressée et sans cal-
cul, et si vous voulez vraiment me voir
vous dévoiler sans artifice mon âme
nue, daignez au moins venir chez moi
nous bavarderons franchement entre nous,
je vous prouverai que je suis la femme
capable de vous apporter l'affection
la plus étroite et la plus profonde
l'épouse la plus fidèle et la plus sûre
que vous puissiez imaginer. Oh ! comme votre
amour me sera doux . La solitude qui m'ha-
bite est longue et dure et souvent bien
pénible... Mon âme en est profondément é-
branlée. Venez vite, vous pouvez me la
faire oublier et à vous je pense me sou-
mettre entièrement !
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Nova Aquilae

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MessageSujet: Re: le texte du jour ....   Mar 24 Juin - 16:21

Ah ben c'est du joli Linda ! Je me doutais bien qu'avec toi il fallait savoir lire entre les lignes ...
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Dr.Sweetsong

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MessageSujet: Re: le texte du jour ....   Mar 24 Juin - 18:32

Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked
non mais ca va pas bien non ? Roooh non mais ...ah mais non mais ....m'enfin ...pffff non mais quand même ....tsss ...heu au fait ...elle était destinée à qui cette lettre? drunken
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William White



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MessageSujet: Re: le texte du jour ....   Mar 24 Juin - 18:38

un ptit qui a du talent, mais dont on brise le rêve à chaque instant...

http://kingdom-of-the-blind.over-blog.com/
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Lady Edelweiss
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MessageSujet: Re: le texte du jour ....   Mar 24 Juin - 23:34

Elle est pour Alfred de Musset si je ne m'abuse.
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Graveyard

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MessageSujet: Re: le texte du jour ....   Mer 25 Juin - 3:27

ha ! comme c'est beau. il devient rare de voir des femme ecrire d'aussi jolie lettre.

Maudite generation SMS
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Shin Otaro



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MessageSujet: Re: le texte du jour ....   Mer 25 Juin - 4:19

Nova Aquilae a écrit:
Ah ben c'est du joli Linda ! Je me doutais bien qu'avec toi il fallait savoir lire entre les lignes ...

lol!
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Dr.Sweetsong

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MessageSujet: Re: le texte du jour ....   Sam 28 Juin - 9:56

Qu'est ce que le rire?.....voici un élément de réponse pour vous ...mes très cher amis ...

http://fr.youtube.com/watch?v=rATQH8kg4Uk
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Dr.Sweetsong

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MessageSujet: Re: le texte du jour ....   Ven 4 Juil - 4:31

Malaise dans la civilisation

Sigmund Freud

I



On ne peut se défendre de l’impression que les hommes se trompent généralement dans leurs évaluations[1]. Tandis qu’ils s’efforcent d’acquérir à leur profit la jouissance, le succès ou la richesse, ou qu’ils les admirent chez autrui, ils sous-estiment en revanche les vraies valeurs de la vie. Mais sitôt qu’on porte un jugement d’un ordre aussi général, on s’expose au danger d’oublier la grande diversité que présentent les êtres et les âmes. Une époque peut ne pas se refuser à honorer de grands hommes, bien que leur célébrité soit due à des qualités et des œuvres totalement étrangères aux objectifs et aux idéals de la masse. On admettra volontiers, toutefois, que seule une minorité sait les reconnaître, alors que la grande majorité les ignore. Mais, étant donné que les pensées des hommes ne s’accordent pas avec leurs actes, en raison au surplus de la multiplicité de leurs désirs instinctifs, les choses ne sauraient être aussi simples.

Petite réflexion sur nous même que je vous propose ;car quand on se persuade d'être clair et explicite avec son entourage ....on se trompe bien souvent ....à méditer ...
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Dr.Sweetsong

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MessageSujet: Re: le texte du jour ....   Lun 7 Juil - 5:16

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

L'Albatros , extrait de "Spleen et idéal" ...Charles Baudelaire.
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Dr.Sweetsong

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MessageSujet: Re: le texte du jour ....   Ven 11 Juil - 3:29

http://fr.youtube.com/watch?v=Zq9OpJYck7Y ...pour ceux qui comprennent l'anglais ....promis , pour les autres , je m'efforce de retranscrire les paroles , des que je les auraient retrouvées...
Pour la petite histoire ...ce poème décline en quelques vers avec un accent Jamaicain à couper au couteau,l'histoire classique d'un jeune immigré de Jamaique qui débarque en Grande Bretagne ....etc....il faut savoir qu'après avoir été colonisée par l'Espagne,cette île a été cédée à l'Angletterre qui désirait en faire une base éloignée de son impressionante flottille de guerre ....bref...encore une belle histoire d'amour entre les peuples Suspect...
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Dr.Sweetsong

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MessageSujet: Re: le texte du jour ....   Dim 23 Nov - 11:23

Une blague de Geek que j'ai glané sur un autre forum .....enjoy :

"Qu'est ce que les disques durs et les mini jupes ont en commun ?
Le temps d'accès."

Une autre tiens ....

"On ne dit pas de quelqu'un qu'il est moche mais qu'il est
graphiquement mal optimisé"

et une petit dernière pour la forme ....

"Pourquoi les claviers français coûtent 2 fois plus cher qu'en Angleterre

?

Réponse : parce qu'un clavier Azerty en vaut deux"
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Dr.Sweetsong

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MessageSujet: Re: le texte du jour ....   Dim 19 Juil - 4:34

Alors je lance un grand débat philosophique:
Sur la route il m'arrive d'écouter la radio et je suis tombé sur le dernier succès d'un chanteur français que vous connaissez sans doute :Calogero
Bon ...déjà musicalement , ça ressemble pompeusement à un mélange de tout ce qu'il a pu écrire avant , mais au moins il écrit de la musique , ce qui devient rare de nos jours ...en écoutant le refrain , je l'ai entendu dire "On est riche que de ses amis ...c'est dit "
Bon ...alors je me pose cette question ...n'a t-il jamais aimé personne ce pauvre homme ?
Mais encore ...ne s'est il jamais fait trahir par un "ami" qui s'est révélé être un vautour ? Ou tout simplement , si il a perdu un seul de ses amis , est -il devenu subitement pauvre et malheureux ??
merci de m'expliquer cette phrase si vous la comprenez parceque là j'avoue ...je sèche . drunken
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Lady Edelweiss
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MessageSujet: Re: le texte du jour ....   Dim 19 Juil - 4:41

alors quand tu dis "aimer" je pense que tu veux parler d'un amour mariage compagne(gnon) etc...
du haut de mes bientôt 30 années, je suis persuadée que les amitiés sont plus éternelles que les amours. Bien entendu je parle des vrais amis, pas des connaissances voire copinages qu'on se fait à droite à gauche.

On m'a dit un jour ceci : quand tu perds un ami, ton mec il est content; quand tu perds ton mec, ton ami sera toujours là pour te consoler. après vérifications, c'est tout à fait vrai.
bref, ça va que j'ai dormi 5 heures pour commenter un texte de Calogero...j'arrête là !
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Dr.Sweetsong

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MessageSujet: Re: le texte du jour ....   Dim 19 Juil - 5:01

Quand tu aimes un ami au point de vouloir uniquement du bien pour lui , sans une once de jalousie à son égard ...alors oui , l'amitié est une richesse ....mais pas la seule .Enfin , à mon avis .N'oublions pas que ce que notre ami nous apporte , c'est tout simplement ce qu'il rêve qu'on lui apporte aussi ...de l'attention , sincère et inintéressée, n'est ce pas ?
Merde , ça revient à dire que Calogero a dit un truc intelligent en fait ...oh merde.Mais où va le monde les enfants ? J'vous le demande !
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havoc

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MessageSujet: Re: le texte du jour ....   Dim 19 Juil - 7:18

Qu'est ce qu'il t'as pris de vouloir comprendre une license poetique de calogero? on est riche du contenu de son portefeuille et des chiffres écrit sur l'ordinateur de notre banquier.On peut etre riche de ses amis si on les délestes amicalement de leur argent.

Passe passe le oinj

edit: j'en profiterais pour citer un autre grand artiste, a savoir mac tyer

"la moitié d'un poto c'est la moitié d'un traitre"
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Blue spark

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MessageSujet: Re: le texte du jour ....   Dim 19 Juil - 7:31

A defaut d'un long texte, le béotien que je suis ne vous proposera qu'une citation, sa preférée.

"Le bonheur est quelque chose qui se multiplie quand il se divise." Paulo Coelho
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