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 la petite histoire de Linda

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Edelweiss - Linda Mason
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Nombre de messages: 497
Date d'inscription: 21/03/2007

MessageSujet: Re: la petite histoire de Linda   Dim 2 Aoû - 23:57



La journée avait été très chaude, et promettait de l’être encore quelques heures. L’orage se montrerait certainement à la tombée du soir ou de la nuit mais cela ne semblait pas nuire à l’attirance des deux amants.
En s’allongeant sur le corps d’Arthur, Linda Mason n’avait vraiment rien à faire de la météo. Le jeune homme s’était arrangé pour laisser une porte du gymnase ouverte après son cours de sport. L’immense bâtiment, désert, résonnait maintenant des soupirs des deux adolescents. Depuis le premier jour, cette fameuse nuit passée sur la paille d’une grange inconnue, l’adolescente et son petit ami ne se lassaient pas de ces étreintes passionnées. Allongeant la jeune femme sur l’épais tapis de mousse sur lequel ils s’étaient réfugiés, Arthur confirma que son désir ne s’était pas évanoui malgré les semaines passées ensemble.

Les lèvres d’Arthur étaient à la fois douces et empreintes d’une puissance insoupçonnée chez ce garçon au physique ne laissant transparaître aucune agressivité. Linda le laissa ouvrir son chemisier, dévoilant un des dessous de dentelle qu’elle avait trouvé dans une boutique lors d’une sortie nocturne en compagnie de Tara. Le jeune homme déshabilla sa belle tout en goûtant chaque centimètre de peau qu’il découvrait, s’attardant autour de son nombril avant de descendre pour des baisers plus passionnés sous la jupe plissée de la lycéenne.
Les deux amoureux profitèrent autant que l’heure le leur permit du lieu. Vide, le gymnase laissa les cris de plaisir de la jeune femme résonner pour le plus grand bonheur de son fougueux amant. Il était presque dix-neuf heures lorsque, épuisés, Linda et Arthur furent pris d’un fou rire, leurs corps presque nus entremêlés sur l’épais matelas couvert de sueur. Ni l’un ni l’autre n’avaient eu envie d’être surpris alors qu’ils faisaient l’amour…quoi que !

C’est un sourire niais aux lèvres que la petite blonde rentra chez elle. Elle avait maintenant pris l’habitude de s’équiper d’un miroir et d’un peigne et personne n’aurait pu soupçonner ses activités coquines en la croisant. Peut-être ces yeux brillants de bonheur la trahiraient-ils finalement.
L’année se terminait, nullement comme elle avait commencé. Que cette jeune fille asociale avait changé depuis quelques mois. Sans avoir beaucoup d’amis, Linda était reconnue parmi les élèves. Elle serait majeure de son année sans aucun doute, et depuis qu’elle ne rasait plus les murs pour éviter les autres, plus personne ne trouvait de défaut à la belle. Peut-être certains la trouvaient-ils un peu snob…On ne pouvait pas être parfait. En outre, Linda considérait une grande partie de ses camarades comme des enfants gâtés sans aucun mérite, ce qui, si cela transparaissait même légèrement, ne devait pas aider à amoindrir cette image.
Mais En avait-elle vraiment à faire de l’avis général ? Sans doute un peu, mais rien qui n’ait eu à voir avec ce que pensaient d’elle ses amis. Si elle avait pu, la jolie blonde aurait rêvé de vivre sur une île en compagnie de Tara et d’Arthur.
Les relations avec John Mason, son père, s’étaient dégradées durant toute l’année scolaire. A peine était-il fier des résultats flatteurs de sa progéniture. Il réprouvait toute idée de relation sociale de sa fille. Quel était donc l’avenir qu’il imaginait pour elle ? Pensait-il que Linda resterait toute sa vie dans sa chambre ? Tous les soirs ? Sans jamais voir personne ?

En pénétrant dans le salon du manoir, l’adolescente afficha un grand sourire. Sur la table à manger, un simple papier marqué d’une simple phrase la combla de joie : ‘’Je ne rentrerai pas du week-end, sois sage. Papa’’
Il ne fallut pas longtemps à Linda pour entrevoir mille plans pour ce week-end qui s’annonçait excellent, en priant pour que les orages ne restent que menaçants. La première à prévenir de cette excellente nouvelle était Tara. Aucune des deux lycéennes n’était adepte des longues conversations avec leurs copines – sans doute du fait que ni l’une ni l’autre n’en avaient réellement – et l’appel de Linda ne dura guère plus de trois minutes avant qu’il ne fut décidé de se payer une bonne pizza avant d’aller courir les toits de la ville.
La nuit n’était pas encore tombée lorsque les deux jeunes femmes arrivèrent dans l’appartement privé de Tara, deux boîtes de pizza en main. Elles avaient également acheté deux litre de bière, il faisait très chaud même à cette heure.

Linda ne portait plus qu’un jean et un chemisier, vêtements couvrant parfaitement sa combinaison isotherme. Tara ne manqua pas d’avouer à sa blonde amie qu’elle n’avait guère été discrète plus tôt dans la journée en se rendant au gymnase.
-Tu nous as suivis ? demanda l’amoureuse, n’assumant guère son désir pour Arthur que quand ils étaient tous les deux.
- Bien sûr que non ! se défendit la jeune femme aux cheveux noirs. Tu fais les cochonneries que tu veux, je m’en fiche moi !
- Alors, tu m’en dis un peu plus sur ton vrai père ?
-…
Linda Mason n’avait trouvé que cela pour contrecarrer la gêne des conversations concernant ses ébats torrides et endiablés. Elle rougit pourtant d’autant plus en se rendant compte de ce qu’elle venait de dire, le sujet ayant été tabou jusque là. Tara du avaler un morceau de pizza avant de répondre, affichant un grand sourire.
- Tu as vu la photo, tu imagines qu’il est plein aux as comme mec non ?
- Comme mec ? répéta la petite blonde, surprise de l’expression.
- Je ne le connais pas du tout, pour moi c’est juste un mec.
A son tour, la blondinette avala une part de pizza, franchement navrée pour son amie. Si Tara n’avait pas les rapports conflictuels ou au mieux froids de Linda avec son père, elle semblait presque délaissée par ses parents, bien trop souvent absents pour que l’on puisse parler de cellule familiale.
- Tu as vu ses films au moins ? continua la jeune femme aux cheveux d’or.
- Ouais…tu les as vu toi ?
- Quelques uns, mais je n’ai pas la télévision dans ma chambre. Enfin j’en ai regardé un il y a un mois, en noir et blanc, mais tu as les mêmes yeux.
- Si c’était en noir et blanc je ne sais pas comment tu as pu voir ça, rigola Tara en servant un plein verre de bière à sa camarade.
- Quand même…la fille de Gary Garnett…personnellement j’irais le voir pour qu’il me raconte sa vie.
Tara soupira, gardant tout de même un sourire franc.
- Je préfère qu’on parle de ce que tu as fait avec Arthur dans le gymnase, lança-t-elle pour couper court à la conversation.
- Oui, sinon je te rappelle que ce n’est pas poli de manger la bouche pleine. Nous ne sommes pas obligées de parler.
Les deux jeunes femmes prirent de concert une gorgée du liquide amer. Elles trouveraient bien un sujet de conversation qui convienne.
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Edelweiss - Linda Mason
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MessageSujet: Re: la petite histoire de Linda   Dim 9 Aoû - 11:56

- Es-tu certaine qu’il n’y a pas de chien ici ? Je ne veux pas revivre une expérience semblable à la dernière fois.
- Certaine…mais je crois qu’il y a des chats. répondit Tara Gift sans une émotion dans la voix.
Les deux adolescentes n’avaient pas attendu la digestion de leurs pizzas et à peine minuit passé, affublées de leurs combinaisons, elles avaient pris la direction du quartier chic où habitaient d’ailleurs les parents de Tara.
-Et tu sais s’il y a quelque chose de valeur ici ? Tu connais cette maison ? s’inquiéta Linda sous la cagoule assortie au gris de sa tenue isotherme.
- Oui, tu étais même là quand on l’a appris. Ils ont un Degas chez eux. Répondit la petite brune en souriant sous son masque.
- Quoi ? Nous n’allons tout de même pas voler une copine ?

Quatre jours plus tôt, au cours d’une banale conversation de récréation entre filles, une camarade de Linda s’était vantée d’avoir un tableau de maître chez elle. La jeune femme s’appelait Kelly. Elles étaient d’ailleurs deux à porter ce prénom dans la classe de miss Mason.
Kelly, donc, était une adolescente plutôt coincée, et travailleuse. Sans être vraiment désagréable, elle n’affichait pas une joie de vivre évidente. Linda aurait sans doute été ainsi si Tara Gift ne s’était pas mise sur sa route. Elle était la puînée d’une fratrie de trois qui semblaient tous promis à de grandes études, l’autorité familiale ne leur laissant manifestement pas le choix. Loin de se rebeller, Kelly défendait le point de vue de ses parents, formatée pour réussir comme le disait la téléporteuse.
Si elle en avait eu quelques choses à faire, Tara aurait peut-être tenté de dévergonder celle-ci aussi. Elle était réellement fière de ce qu’elle avait fait de Linda, juste une fille rayonnante de bonheur. Mais pourquoi s’occuper d’elle plus d’une autre ? Tara avait constaté depuis longtemps que les filles de son collège n’avaient pas du tout les mêmes préoccupations qu’elle, sans doute son pouvoir lui avait permis de voir le monde différemment.
Sans attendre de s’engager sur une conversation concernant la moralité de voler une connaissance, Tara saisit la main de sa comparse et se téléporta à proximité d’une fenêtre de la maison de Kelly Pastor.

Les deux adolescentes pénétrèrent la maison en silence, n’allumant leurs torches qu’une fois à l’intérieur. Elles avaient maintenant l’habitude d’agir ainsi, Tara ayant emmenée son amie plusieurs fois déjà visiter les habitations de riches propriétaires.
- Il n’y a personne, Kelly est partie en week-end avec ses parents.
- Pourquoi le dis-tu en chuchotant alors ? ricana Tara.
- L’habitude…et puis je ne suis pas certaine.
- Tu peux juste dire ‘’la trouille’’, ça suffira.
Linda éclaira son amie du faisceau de sa torche.
- Tais-toi ! Nous n’allons pas prendre nos aises et le petit déjeuner ici non ?
- Non je confirme, on va pas petit déjeuner ici, c’est sûr qu’ils n’ont pas de beurre de cacahuète, dit Tara en rigolant à nouveau. Tu as vu comme elle est maigre Kelly, on croirait qu’elle est anorexique !
- Je crois qu’elle l’est…
Devinant la compassion de sa blonde amie envers la jeune occupante des lieux, Tara préféra s’abstenir de toute remarque. Linda était vraiment trop gentille à avoir pitié de tout le monde dès qu’ils avaient un petit souci !
- Allez, on trouve le tableau et on se tire ! lança-t-elle.

La courageuse Ellen fit enfin son retour !
A voir la détermination dans ses yeux, on savait que la grosse bébête allait passer un mauvais quart d’heure !
Elle s’avança dans son armure dorée ! Dur de dire qui était la reine à ce moment là !
Temper Jones termina sa bière, il se doutait que la fin approchait.
A grands coups de bras mécaniques, le lieutenant Ripley repoussa l’alien, la faisant reculer jusque au sas…sans surprise, la pondeuse s’en alla dériver dans l’espace…
Jones éteint le magnétoscope au début du générique de fin : un bien beau film ma foi ! Des explosions, des grosses armes et Sigourney Weaver qu’il trouvait particulièrement à son goût.
Ce week-end solitaire ne commençait pas trop mal pour l’ancien flic.
Connaissant la maniaquerie de sa sœur, Temper se hâta de ranger avec soin la cassette vidéo à sa place. Il était à peine minuit et demie, largement le temps de déguster une ou deux autres œuvres contemporaines sorties des studios hollywoodiens…après s’être soulagé. Il faudrait faire attention de ne pas boire tant de bière toute la soirée.
Jones quitta la pièce aménagée en mini-cinéma. Le trajet était tout planifié : toilettes, terrasse en compagnie d’une cigarette, cuisine pour s’adjoindre la compagnie d’un nouveau pack de bière, et retour en salle ciné pour ce qui semblait être un chef-d’œuvre…James Bond déguisé en moine : Rien que l’idée faisait lever les yeux au ciel.

Comme prévu, le tableau était dans le grand salon. Bien que plus petit que celui du manoir Mason, Linda ne pu s’empêcher de mettre en parallèle les décorations quasi semblables. Tout était strict, rangé au millimètre. Elle imagina un instant que son père eu pu être le propriétaire des lieux. Tara posa sa lampe torche sur la table et entreprit de décrocher le Degas.
- Ne vas-tu pas vérifier s’il n’y a pas d’alarme avant de le décrocher ? demanda Linda.
La petite brune regarda son amie. S’habituerait-elle un jour aux risques ? De son point de vue, entendre sonner une alarme serait jouissif.
- Si tu veux, mais tu sais, on sera loin avant que les flics n’arrivent même si c’est le cas.
- Un jour, tu ne te feras prendre à cause de ton imprudence.
- Un jour, un jour…on verra. Passe moi ma to…
Tara se tu. Elle vit Linda mettre la main devant sa bouche en sursautant. L’allumage d’une lumière dans la maison n’était pas prévu.
L’adolescente aux cheveux d’or éteignit sa torche sans attendre plus, restant immobile et silencieuse. Tara se téléporta à proximité de la sienne et imita sa comparse, plongeant le salon dans une obscurité inquiétante. Seul l’encadrement à présent lumineux de la porte de la cuisine leur fournissait un faible éclairage.
- Je croyais qu’il n’y avait personne, chuchota Linda, tout à coup en sueur dans son costume.
- Ne bouge pas…Ne fais pas de bruit !
La fille de l’éditeur écarquilla les yeux. Tara n’avait pas du tout l’intention de fuir. A pas lents et aussi discrets que possible, elle se dirigea vers le canapé, invitant sa camarade de classe à la rejoindre.
- Pourquoi ne partons nous pas ? Cela vaut-il le coup ? demanda la belle collégienne une fois agenouillée derrière le grand divan.
- Bien sûr, je ne pars pas sans le tableau. On ne va pas se sauver dès que quelqu’un va pisser !
L’attente sembla durer une éternité. La lumière restait allumée dans la pièce jouxtant le salon, sans qu’aucun bruit n’en filtre. Combien de temps ? Cinq minutes ? Dix ? Une heure ?

Exactement trois minutes et vingt secondes. Temper Jones avait finalement plus envie d’une cigarette que de vider la bière contenue dans sa vessie. L’homme écrasa son mégot dans un pot de fleur et l’amena dans la poubelle. Il savait très bien que si Ruth trouvait un filtre sur sa terrasse, elle le tuerait. Il était assez risible qu’un homme comme lui, un superhéros garde cette peur consciente de son aînée de sœur. En rangeant avec soin le mégot parmi les autres ordures, il sourit même de cette situation.
Ses activités nécessitaient un ordre et une discipline de fer, donc il pouvait comprendre Ruth…Tenir une maison devait être certainement aussi ardu que mener une vie de justicier. Un instant il imagina sa sœur en latex avant de chasser cette idée saugrenue de son esprit.
La porte de la cuisine s’ouvrit enfin. Linda appuya fortement sa main sur ses lèvres. Elle sentait le froid comme la peur l’envahir. Elle se retint de ne pas crier, mais retenir son pouvoir, assaillie de telles émotions, était plus compliqué.
Tara posa sa main sur la cuisse de son amie. Malgré l’obscurité, Linda Mason pu lire dans son regard qu’elle ne l’abandonnerait pas.

Sans rien apercevoir, les deux adolescentes écoutèrent les pas lourds traverser la pièce. Mr Pastor avait-il laissé partir sa famille en week-end sans lui ? L’homme, heureusement, n’alluma pas le salon, ce qui aurait sans doute fini par faire défaillir la voleuse aux cheveux d’or, et se dirigea directement dans un couloir.
- Que fait-on ? lança Linda dont la respiration trahissait la crainte.
- Il a laissé la cuisiné allumée. Je dis qu’on attend ici qu’il reparte se coucher, il va sûrement y retourner.
Linda acquiesça. Dans la panique, elle ne pensait de toutes manières pas être capable de prendre elle-même une décision judicieuse.
L’attente fut plus courte cette fois-ci et les pas se firent de nouveau entendre, en sens inverse.
Linda serra ses bras sur sa poitrine. Elle n’avait qu’une envie, fuir. Elle s’imaginait déjà en train de geler ce pauvre homme. Que penserait John ? Que penserait son père si il savait ce qu’elle faisait ? Que penserait Sue si elle s’attaquait à un humain ?
Linda ne voulait surtout pas devoir utiliser son pouvoir contre qui que ce soit d’innocent.
Les pas stoppèrent alors que l’homme se trouvait au milieu du salon. Que faisait-il ? Prostrées derrière le dossier du canapé, les deux jeunes femmes retinrent leur respiration. Leurs regards bleus ne se quittaient pas, Elles étaient ensemble et elle le resteraient, telle était la promesse qu’elle se faisaient sans même parler.
Tout sembla s’accélérer : Les pas reprirent leur marche, la porte de la cuisine se referma puis la lumière quelques secondes plus tard.
Linda ouvrit enfin la bouche, laissant échapper ce qui ressemblait à un sanglot. Tara Gift lui sourit. Elle aussi avait eu peur finalement.
- Allez, on ne traîne pas !

Les deux jeunes femmes allumèrent leurs torches à nouveau, se relevant de derrière leur cachette. Linda était encore tremblante, un courant d’air froid voyageait autour de ses bras sans qu’elle ne pu le contenir.
- Reste là, réchauffe toi, je regarde s’il n’y a pas d’alarme et on file, lança Tara en se rapprochant du Degas.
-Dépêche toi s’il te plait…répondit Linda à voix basse.
La jeune collégienne aux cheveux de jais fit méticuleusement le tour de la toile. Celle-ci était de bonne taille et effectivement, un aimant était fixé sur le derrière du cadre. Sans doute l’éloigner du mur déclencherait une sonnerie ou signalerait directement le vol au commissariat. Tara sortit son arme secrète : un couteau suisse, et s’attela à détacher l’aimant du cadre en bois.
Méticuleusement, elle retira la sécurité qui n’était finalement que punaisée sur l’œuvre. Elle soupira pour elle-même quand elle se rendit compte qu’elle ne pouvait bouger sa main sous peine de bouger l’aimant. Tara avait beau être douée en maligne, elle ignorait totalement le mode de fonctionnement de ce type de sécurité. Le moindre mouvement pouvait les trahir.
- Linda, viens ici. Il faut que tu gèles la sécurité là où elle est.
Non mais ! Elle n’allait tout de même pas se laisser ennuyer par un simple aimant.
Sans un bruit, Linda se rapprocha. Il ne serait pas dur de geler quoi que ce soit à cet instant. Elle sentait tout son pouvoir courir le long de ses membres. Aussi vite que Tara le lui indiqua, la petite blonde créa un glaçon reliant le mur à sa main, emprisonnant la sécurité aimantée dans sa position initiale.
Tara saisit le tableau et le décrocha. On devinait un grand sourire sous son masque.

La lumière du salon s’alluma alors. Les deux jeunes femmes se retournèrent en sursaut alors qu’un bruit métallique se fit entendre au centre de la pièce. Avant même qu’elles aient pu voir la personne ayant allumé, Une fumée grise apparut.
- Un fumigène ? cria Tara en saisissant la main de son amie, prête à se téléporter loin de ce qui semblait être un traquenard.
Linda Mason la regarda. Le froid l’envahit d’avantage alors qu’elle réalisait que sa camarade avait délaissé le Degas.
Les yeux de Tara Gift scrutaient la pièce à toute vitesse, cherchant en vain le lanceur de fumigène. Le nuage remplit en quelques secondes seulement le grand salon.
- Merde ! Je vois rien ! chuchota la brunette dont l’expression avait cette fois bien changé.
- On ne bouge pas !
La voix avait tonné de l’autre côté de la pièce. Une voix masculine, puissante et effrayante par sa conviction. Tara imaginait mal le père de Kelly posséder des grenades fumigènes mais elle se fichait royalement de l’identité de l’homme. Elle voulait juste sortir.
Problème…elle ne se téléporterait pas à plus de trois mètres dans cette fumée. Tirant Linda par la main, elle décida de courir. Une fois devant une fenêtre, plus rien ne pourrait l’arrêter.

Jones l’avait senti. Revenant des toilettes, sans savoir si ses sens particulièrement aiguisés ou une simple intuition l’avait prévenu, il avait senti des présences toutes proches.
Il s’était rendu dans la cuisine, avait éteint, et s’était faufilé par la fenêtre sans un bruit. Retombant sur le gazon lestement, telle une ombre, il avait sourit.
Sa vitesse de course était impressionnante, il rejoignit son véhicule avant même que les deux jeunes femmes d’eurent quitté leur cachette derrière le divan. En moins de deux minutes, il redevint Le Sabre. Est-ce que ça valait le coup ? On était peut-être venu pour lui, qui sait !
De l’extérieur, il discerna aisément les rayons de lumière de torches. D’après ceux-ci, les intrus étaient deux. De simples voleurs ou des assassins envoyés par d’anciens ennemis ? Il le saurait bien assez tôt, comme eux sauraient que Le Sabre ne prend jamais de vacances.
La lumière du salon allumée, la pièce totalement enfumée, Jones fit son entrée. Il était peu probable que ses adversaires aient eu des équipements infrarouges comme lui. Pourquoi utiliser des torches sinon ? Malgré la fumée, il voyait les deux intrus. Intruses plutôt. La morphologie des silhouettes dans ses lunettes infrarouges ne pouvait mentir. Il s’agissait bien de femmes.
Elles se mirent à courir. Ne venait-il pas d’ordonner qu’on se fixe ? Essayant de réfléchir au plus vite, le superhéros conclut qu’il était plus probable qu’il soit tombé sur un cambriolage…ou alors on le prenait vraiment pour un amateur si on s’attaquait à lui de la sorte ! Il ne chercha donc qu’à arrêter les deux inconnues. D’un même geste, Le Sabre tira un dard de sa ceinture et le lança en direction des fuyardes.
Il sourit au hurlement de l’autre côté de la pièce. La voix stridente d’une jeune femme lui indiqua qu’il n’avait pas manqué, mais il manquait rarement.
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